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[ Industrie ] [ Produits Dérivés ] [ Crise, Relance ] [ USA ]
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Bourse : Tête de Turc
13/02/2009 15:08
Les traders sont injustement désignés comme les boucs émissaires de la crise actuelle.
"Ne dites pas à ma mère que je suis trader dans une banque, elle me croit pianiste dans un bordel" serait-on tenté de réagir, en paraphrasant Jacques Séguéla, à l'écoute de l'opprobre jetée sur les membres de cette profession, qui se diffuse dans l'opinion et qu'alimentent les pouvoirs publics. Il n'y a pas de noblesse dans le trading, mais pas d'infamie non plus. Les traders ne sont pas des parasites. Par leur propension à consommer et les prélèvements dont ils sont l'objet ils jouent un rôle considérable d'entraînement de l'économie et de financement de la protection sociale dans les pays où ils sont à l'œuvre. Surtout, les traders ne sont pas les principaux responsables de la crise actuelle. Leur culpabilité semble en effet dérisoire si on la compare à celle des inventeurs des prêts "subprime" à taux variable, conçus pour rendre possible l'accession à la propriété à des ménages sans revenus, sans emploi, ni patrimoine ; à celle des titrisateurs qui ont agrégé ces risques individuels pour en faire des créances négociables sur les marchés ; aux distributeurs de ces produits, qui ont cru que découper un risque en sous-éléments l'annulait alors qu'ils le disséminaient, depuis les Etats-Unis, au reste de la planète ; aux gérants de fonds ou de fortune enfin, qui ont voulu dynamiser la performance de leurs portefeuilles sans prendre véritablement la mesure de ce à quoi ils exposaient les intérêts de leurs clients. Et que dire des autorités de tutelle, inertes, silencieuses et qui n'ont rien vu venir ? Les traders sont payés pour prendre des risques, dans des limites strictement définies, dans le respect de la réglementation et conformément à la mission que leur confie leur employeur. Cela n'en fait pas, à de très rares exceptions, des irresponsables.Les activités de trading, très lucratives, permettent de surcroît aux banques dites universelles de "subventionner" leurs autres activités, et tout particulièrement les services aux particuliers. Bien sûr que des excès (bonus garantis, primes versées sans attendre les résultats complets des opérations initiées) doivent être combattus. Mais suggérer que ce faisant on a compris l'origine de la crise, qu'on la combat et qu'on empêchera son éventuel retour est une fable qui n'emporte l'adhésion que des simples d'esprit.
Edito CHART'S N°712 Prochain édito : vendredi 20 février
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Bouées de sauvetage
23/01/2009 14:39
La crise bancaire frappe de plein fouet le Royaume-Uni.Les festivités organisées pour l'investiture de Barack Obama n'auront pas distrait des marchés financiers à la mine défraîchie en ce début d'année, et qui sont restés insensibles à l'allégresse du moment comme s'ils signifiaient leurs réserves quant à l'ampleur de la tâche de reconstruction. Les investisseurs ont ainsi boudé l'événement médiatique de la semaine pour se focaliser sur les déboires de nos voisins anglais.
L'annonce d'un nouveau plan de sauvetage colossal de l'économie britannique a agi comme une douloureuse piqûre de rappel sur la fragilité persistante du secteur bancaire, particulièrement de l'autre côté de la Manche. L'économie britannique est, en Europe, de loin la plus impliquée dans les domaines de la banque d'investissement et des activités de marché : si la City s'écroule ce sera assurément l'enfer pour le pays. Face à l'urgence, le premier ministre Gordon Brown a donc dévoilé un nouveau plan gigantesque de soutien aux banques, visant à relancer les prêts en les garantissant. Et, en guise de paquet cadeau, il en a profité pour fustiger leur "irresponsabilité". L'annonce concomitante par Royal Bank of Scotland d'une perte de 28 milliards de livres en 2008 cadrait en effet assez mal dans le tableau et méritait sans doute un commentaire.
C'est le deuxième plan de relance massif annoncé en seulement trois mois chez nos voisins britanniques. Le gouvernement va investir 50 milliards de Livres supplémentaires pour renflouer le système bancaire. Gordon Brown s'en défend, mais à force de remaniements, ces plans de sauvetage ressemblent à s'y méprendre à un chèque en blanc adressé à un secteur qui vacille sur son socle. L'économie britannique vit, à n'en pas douter, l'une des pires crises de son histoire.
Sa monnaie en subit d'ailleurs les conséquences directes : la Livre Sterling, cible privilégiée des investisseurs et spéculateurs de tout poil, s'enfonce dans un puits sans fond face à toutes les devises majeures. A tel point que l'euro pourrait s'offrir prochainement une victoire symbolique : la parité face à la Livre. Décidément, on aura tout vu.
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Baby come back
16/01/2009 14:44
Une relance généralisée de l'inflation s'organise pour sortir de la crise.
"Un seul être vous manque et tout est dépeuplé", disait Lamartine dans son poème. Considérée comme l'ennemi public numéro un depuis les années 80, l'inflation est aujourd'hui terrassée. Et après tout, les banques centrales, notamment en Europe, n'ont fait là que leur travail.
Pourtant, ce ne sont pas des cris de victoire qui accompagnent sa disparition mais bien de vives inquiétudes. Car, ironie du sort, c'est désormais son pendant, la déflation (baisse des prix), qui nous menace. Un mal encore plus terrible, qui a fait vivre au Japon l'une des pires crises de son histoire, et dont le souvenir devrait faire frémir n'importe quel banquier central aux commandes d'une politique monétaire aujourd'hui.
C'est le scénario à éviter à tout prix, quitte à faire ressurgir nos vieux démons inflationnistes du placard. Ainsi, les instances monétaires sont-elles en train de baisser pavillon les unes après les autres. Les Etats-Unis ont entamé une politique monétaire à taux zéro et le Royaume-Uni en prend le chemin. L'objectif est de réagir vite avant que l'inflation ne devienne effectivement négative. En zone euro, la politique monétaire est à l'image de la croissance économique : sans excès.
La Banque centrale européenne (BCE) reste pour l'instant à la traîne au sein de ce mouvement généralisé.
Certes, après avoir combattu ce fléau pendant tant d'années, il y a quelque chose de troublant à souhaiter aujourd'hui son retour. Et pourtant, l'inflation est le compagnon de route idéal pour sortir d'une crise de la dette. Et compte tenu des plans de sauvetage gigantesques qui sont à l'œuvre actuellement, les Etats devraient au final absorber une grosse partie de l'endettement des ménages et des banques, faisant ainsi croître fortement les déficits publics dans les années qui viennent. La relance de l'inflation, qui rend moins onéreux le financement de ces déficits par les gouvernements, qui démonétise aussi le stock des dettes, pourrait alors constituer un remède de premier choix.
En matière de politique économique, les vérités d'hier ne sont pas celles de demain. Ainsi, l'inflation pourrait devenir rapidement notre meilleure alliée face à la crise et vraisemblablement la seule issue de secours face aux dangers plus grands encore qui nous menacent. A condition toutefois de parvenir à relancer la machine économique et financière, donc inflationniste. C'est l'enjeu du moment.
Edito CHART'S N°708
Prochain édito : vendredi 23 janvier
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Bourse : Une flamme dans la nuit
09/01/2009 17:09
Avec une chute de 42.6%, le Cac 40 a clôturé la pire année de son histoire, à l'image des autres indices européens. Si chacun est évidemment pressé de tourner la page, ce serait commettre une erreur que de la déchirer.
Les leçons doivent être tirées au-delà du traditionnel grief adressé aux spéculateurs en période de crise boursière ; et avoir un véritable débat de fond sur les futures réglementations à mettre en place, au regard de la propension naturelle de l'industrie financière à contourner ces règles par le biais de l'ingénierie financière. Cette analyse doit être réaliste, approfondie et sans complaisance. Née aux Etats-Unis, la crise a été d'abord immobilière, puis financière, avant de toucher la consommation et, par effet de contagion désormais, la croissance mondiale. Dans ce contexte, les banques centrales ont fait tout ce qu'elles pouvaient pour limiter la casse, déversant un flot de liquidité sur les économies et abaissant pour certaines leur taux d'intérêt jusqu'à des niveaux planchers.
Ces mesures d'urgence étaient incontournables mais n'auront pas réussi à véritablement réinstaller la confiance sur les marchés. La conjoncture mondiale se dégrade d'ailleurs à toute allure. Le Fonds monétaire international (FMI) est sur le point d'abaisser encore ses prévisions de croissance qu'il estimait, début novembre, à 2.2% pour l'année 2009. Ainsi, la crainte que les actions conjointes des banques centrales et des Etats ne suffisent à éviter une dépression mondiale est encore vive. Les gouvernements sont d'ailleurs sur la brèche, et seront amenés très certainement à muscler encore leurs plans de relance.
Autant de pilules que les marchés financiers convalescents avaleront sans réticence pour soulager leur douleur. Mais si l'accalmie de ce début d'année laisse entrevoir une lueur d'espoir pour 2009, la véritable flamme ne devrait très certainement pas jaillir avant l'été prochain.
Toute l'équipe de CHART'S vous souhaite une excellente année 2009 ! 
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USA : Défaite de fin d'année
12/12/2008 17:11
Si les investisseurs cherchaient des raisons de se réjouir à l'approche des fêtes de fin d'année, ce ne sont pas les chiffres de l'emploi publiés aux Etats-Unis vendredi dernier qui les auront rassurés. Au contraire, ces derniers ont agi comme une douloureuse piqûre de rappel sur l'état de santé calamiteux de l'économie outre-Atlantique, donc par extension quasi mondiale. Et pour cause, l'Oncle Sam a perdu un demi-million d'emplois en novembre, portant du même coup le taux de chômage à 6.7% de la population active. Même les économistes, pourtant déjà pessimistes au départ, ne s'attendaient pas à un tel naufrage. Comme toujours dans une telle période, les comparaisons historiques pleuvent, et nous rappellent ainsi que les Etats-Unis n'ont pas perdu autant d'emplois en un mois depuis décembre 1974, lors du premier choc pétrolier. Au total, pas moins de 1.9 million de personnes ont perdu leur travail aux Etats-Unis depuis janvier. Dans l'industrie, la plupart des secteurs sont concernés, même si l'automobile est particulièrement pointée du doigt. Plus inquiétant, les services, un temps épargnés, sont désormais également dans l'œil du cyclone. Sur la seule semaine dernière, ATT a annoncé le licenciement de 12,000 personnes, l'éditeur de logiciel Adobe celui de 8% de ses effectifs, le fonds d'investissement Carlyle 10% et celui de Legg Mason 8%, le groupe de médias Viacom 7%. Face au danger qui menace de plus en plus l'économie réelle, les gouvernements doivent s'attaquer de front au problème de l'emploi. Les banques centrales, de leur côté, abaissent désormais sans calcul leurs taux d'intérêt, de la Réserve Fédérale américaine en passant par la Banque d'Angleterre. Même réticente, la banque centrale européenne a finalement coupé la semaine dernière de 75 points de base son principal taux directeur, du jamais vu. Des cadeaux de Noël que les marchés n'ont pas boudé qui mais ne suffiront pas à illuminer la fin d'année. En attendant des jours meilleurs, espérons-le dès 2009.
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Relance : Qui trop embrasse mal étreint
05/12/2008 16:08
A vouloir voir dans la crise actuelle la fille ainée de celle de 1929 les gouvernements, partout dans le monde, concoctent sans réticence des plans de relance. L'incendie bancaire semble éteint, le risque de crise financière s'estompe lentement et il est jugé désormais indispensable de tout faire pour que la débâcle ne gagne l'économie dite réelle : les ménages et les entreprises, qu'elles relèvent de l'industrie ou des services. La situation est grave et on se félicitera ici qu'il n'ait pas fallu trop argumenter pour que les pouvoirs publics en conviennent.
Hélas la confusion demeure, même s'ils veulent bien faire et - c'est l'essence de la politique - montrer qu'ils font bien. Tout le monde a compris que la bonde de l'orthodoxie financière a sauté - la belle aubaine - et on s'apprête donc à relancer sans retenue, et probablement sans discernement. Relancer quoi, avec quels objectifs, et comment ? Stimuler la demande ou renforcer l'offre ? Soutenir la consommation des ménages ou favoriser l'investissement des entreprises ? Construire l'avenir ou perfuser des secteurs (automobile et promotion immobilière en tête) dont la crise n'a fait que confirmer qu'ils n'avaient pas su se renouveler à temps ?
A ne pas choisir, à confondre action publique et clientélisme, la fameuse relance risque de n'avoir pour unique effet que de faire taire pour un temps les grognements corporatistes, sans préparer aucunement le pays à une sortie de récession à pleine puissance et sur des bases renouvelées. Il y a un vide sidéral qu'il paraît urgent de combler entre l'ampleur des moyens mis en œuvre et l'imprécision des buts qui semblent poursuivis.
Or la crise fournit une occasion remarquable d'une refonte de l'économie française ; et, osons le paradoxe, elle peut lui permettre de devenir plus forte qu'elle n'est actuellement. Les voies à emprunter sont tracées : privilégier l'investissement public et non les dépenses sociales de redistribution ; muscler les entreprises et non gonfler artificiellement la consommation des ménages ; investir dans les grands actifs mondiaux sur lesquels la France affiche une compétence et un talent réels : construction, transports, énergie, réseaux de communication et de transmission de données, environnement, économie de la connaissance. Choisir, en d'autres termes, l'avenir aux petits arrangements avec un présent trop pesant.
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